
Le premier atelier a eu lieu à Maneadero, commune de la municipalité d’Ensenada. Le travail s’est déroulé dans le pensionnat « Benemérito de las Américas » avec des enfants entre 7 et 13 ans appartenant aux communautés ethniques : Triqui, Mixtèque, Zapotèque et Nahua.
La Basse Californie est « la » destination pour « des centaines de milliers de Mexicains du sud ou du centre – parmi eux des Indiens en nombre croissant… » (Yvon LeBot, Indiens – Chiapas > Mexico> Californie – 2002).

C’est un des Etats frontaliers du Mexique possédant la plus grande diversité linguistique avec 56 langues indigènes recensées dont 5 sont considérées natives. La seule population d’indigènes migrants et résidents s’élèvent à 55 000 personnes. Les communautés les plus représentées sont Mixtèques à 54%, et Zapotèques, dont les populations profitent d’une grande vitalité démographique et culturelle. Vient ensuite la communauté Triqui. L’Etat de Oaxaca est la zone d’origine de ces trois groupes linguistiques.
Des familles entières se déplacent dans l’espoir d’obtenir un emploi de journaliers dans les champs agricoles californiens des deux côtés de la frontière. Cette migration s’accompagne d’un réseau de solidarité entre les communautés installées en Californie et celles de l’Etat de Oaxaca. Un terme est né de cette correspondance interrégionale, Oaxacalifornia qui désigne une communauté « déterritorialisée » (Le Bot, 2002) et fluide, mais qui maintient cependant un lien étroit avec la communauté d’origine. C’est donc aux enfants de ces familles indiennes migrantes qu’a été dirigé l’atelier d’arts plastiques. Ce projet s’est engagé à donner à ces enfants, un autre référant que celui des champs agricoles où la majorité de leurs parents et eux mêmes travaillent, sinon un accès à d’autres espaces culturels, naturels, et sociaux.
Le but principal de ce travail a eu pour finalité de faire de la Basse Californie un lieu de découverte de la biodiversité locale, ainsi qu’une porte ouverte à un monde d’opportunités nouvelles pour les enfants de ces familles, tout en encourageant l’expression de leur culture d’origine par le biais du dessin et de la peinture murale.
Ø renforcer l’identité culturelle des enfants indigènes migrants. La problématique de l’identité culturelle dans cette zone particulière se situe autour du phénomène de migration indigène interne. Cette migration fait émerger toute une série de questions d’ordre culturel dont l’impact se joue autant au niveau individuel qu’au niveau de la structure globale qui englobe la vie familiale de l’enfant. La fragilisation de cette structure provoque des distorsions d’ordre tant social que psychologique qui portent atteinte à l’intégrité de la culture ethnique ainsi qu’à la dignité et au droit de l’enfant indigène migrant.

Ø éveiller les enfants à une conscience du milieu naturel : Les enfants, future génération, seront les héritiers de notre planète. Il est nécessaire qu’ils connaissent le monde qui les entoure pour pouvoir apprécier, valoriser et respecter l’environnement et ainsi développer une conscience écologique dans la vie de tous les jours.

Ø sensibiliser les enfants à l’art plastique :
L’éducation artistique est reléguée au second plan dans l’éducation globale des enfants. Cependant, la nécessité intérieure de chaque être humain à mettre en images, en sons, en formes, en mouvements, en mots, les pensées, les idées, les sentiments, est universelle. Ainsi que, rendre compte de l’importance de l’éducation artistique comme partie intégrale de l’éducation globale de l’enfant, c’est permettre, en utilisant les techniques et les matériaux de l’art plastique, de s’approprier les connaissances partagées tout au long de cet atelier.
